7 myths about education

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7 mythes éducation

Le livre expose 7 mythes à propos de l’éducation qu’il s’attache démonter.

Premier mythe: Il est bête d’apprendre par cœur

Selon ce mythe apprendre des faits nuirait à la compréhension; le par cœur serait “idiot”. L’auteur précise bien qu’une compréhension fine des choses est indispensable et que la compréhension ne nécessite pas uniquement de l’apprentissage par cœur. Cependant toute compréhension fine de l’environnement repose aussi sur une culture qui nécessite l’accumulation de plusieurs connaissances.

apprendre par coeur

Chaque connaissance prise de manière isolée n’est pas intéressante; c’est la superposition des connaissances qui forgent une compréhension globale d’un phénomène.

L’auteur précise aussi que beaucoup de grands maîtres dans les arts ont d’abord reproduit systématiquement les choses avant d’exprimer leur propre créativité.

Second mythe: une instruction dirigée par le professeur est passive

Pour cette croyance, le fait que le professeur instruise la classe de manière très orientée en énonçant des faits, en les appliquant et en faisant s’exercer les élèves les rend passifs, les ennuie et est donc inefficace. Elle est prônée par des auteurs qui son fondamentalement contre l’école en tant qu’institution comme Rousseau ou Freire. Selon l’auteur qui est anglaise, on incite dans le système éducatif anglais via l’Ofsted (office for standard education) à ce que le professeur parle le moins possible afin que les savoirs et les conceptions émergent d’elles-mêmes chez les enfants.

Pour démonter cette croyance, l’auteur rappelle que si les théories scientifiques étaient “visibles” de tous, il a fallu des siècles et la formalisation de ces théories par l’intermédiaire de génies pour qu’elles entrent dans le patrimoine de l’humanité.
Par ailleurs penser que des systèmes abstraits tels que l’alphabet et la numération vont émerger naturellement chez l’enfant relève de l’aberration. Ce sont des notions biens différentes du simple fait de parler une langue maternelle. Un enseignement explicite de ces notions est donc indispensable. (Cf les thèses de Engelmann et Hattie)

diriger passif

Troisième mythe: le 21ème siècle change fondamentalement l’éducation

Dans ce mythe, la technologie disponible au 21ème siècle et l’économie en place redéfinissent l’éducation nécessaire. La conclusion et qu’il y a cinq compétences essentielles pour le 21ème siècle:

  1. la citoyenneté
  2. les apprentissages
  3. le traitement de l’information
  4. la relation aux autres
  5. le management

C’est un mythe premièrement parce que ces compétences n’ont rien de spécifiques au 21ème siècle. Avant l’an 2000, les gens avaient déjà besoin d’avoir un esprit critique, de résoudre des problèmes, de communiquer et collaborer, d’innover et de savoir lire.

revolution changement

Bien sûr, ce qui est incroyable aujourd’hui est la disponibilité de l’information: “pas besoin de le savoir, il n’y a qua le demander à Google”.

Des nains sur des épaules de géants

Enfin, on essaie de nous faire croire que l’information est très vite périmée. Sur ce point l’auteur indique que plus les savoirs sont anciens, plus ils sont fiables. Une anecdote est celle du fondateur de Wikipédia qui se demande quelles connaissances il valait mieux apprendre quand il était jeune: la maîtrise du langage BASIC ou l’histoire des états-unis? L’histoire des états-unis est finalement toujours d’actualité alors que plus personne n’utilise le Basic.

Certains domaines tels que les mathématiques se construisent uniquement par ajout et n’ont pas d’invalidation au fur et à mesure de leur histoire.

Quatrième mythe: on peut toujours trouver l’information (sur internet)

Déjà au début du XXème siècle pouvait-on lire que les gens éduqués ne sont pas ceux qui savent tout mais ceux qui savent où trouver l’information. Ceci a amené deux choses dans les pratiques enseignantes:

  • plus besoin de faire apprendre beaucoup de choses aux élèves, ils pourront toujours trouver l’information
  • il faut apprendre aux élèves à rechercher l’information

informations et internet

Premièrement, l’auteur confirme que les possibilités de recherche et l’accessibilité de l’information sont maintenant extraordinairement facilités. Cependant quand on essaie de résoudre un problème, notre mémoire de travail est limitée. C’est pourquoi plus on a de connaissances stockées dans notre mémoire à long terme, plus on est capable de réfléchir à différents problèmes.
Par ailleurs, pour rechercher efficacement une information il faut déjà disposer de connaissances qui nous permettent d’agir avec pertinence.

Cinquième mythe: il faut enseigner des compétences transférables

Si l’on suit la logique des premiers mythes, on ne perd plus son temps à faire apprendre des choses aux élèves. Par conséquent, il faut bien les “occuper” à autre chose: apprendre le comment plutôt que le quoi. Ainsi on va leur apprendre à apprendre, leur apprendre à avoir l’esprit critique, à analyser, à évaluer…

competences transferables

La vérité au cœur de ce mythe est que l’on souhaite que nos enfants soient capables de transférer leurs connaissances lorsqu’ils rencontrent de situations inédites. Mais là où le bât blesse, c’est que d’après ce mythe il faudrait des cours spécifiques pour acquérir ces compétences.
Pour l’auteur, les connaissances et les compétences sont entremêlées. Le cerveau n’est pas un calculateur qui peut traiter l’information indépendamment de son contenu. Une expérience intéressante a été menée autour du jeu d’échecs où l’on a demandé à des joueurs de tout niveaux de mémoriser les positions des pièces sur un plateau: quand les pièces étaient mises dans une configuration possible de jeu “normal”, les grands maîtres des échecs avaient des résultats très impressionnants comparés au quidam. Par contre, quand les positions étaient aléatoires, mêmes les grands maîtres ont eu des résultats plus faibles que les novices en configuration standard.

Il y a souvent une séparation stricte entre connaissance et compétence. Mais en réalité, les deux sont imbriquées et c’est seulement en plaçant nos connaissances dans notre mémoire à long terme et en s’entraînant à les utiliser que nous développons nos compétences.

Sixième mythe: les projets et les activités sont la meilleure façon d’apprendre

Nous étudions les sujets en silos, matière par matière  alors que les problèmes concrets entremêlent les différentes matières. Le sixième mythe consiste à penser qu’il faut introduire davantage de problèmes réels dans les salles de classe. Cela se traduit par l’introduction de projets, donner davantage d’autonomie aux élèves c’est-à-dire moins de directives pour qu’ils agissent comme des experts.

Premièrement rappelons que pour devenir un expert il faut des connaissances et des heures de pratiques sur un sujet. La différence n’est pas uniquement quantitative entre l’expert et le novice car l’expert approche le problème différemment du novice.

Copier un expert n’est évidemment pas suffisant pour être un expert. Nous ne copions alors que la partie visible sans bien savoir pourquoi et en manquant inévitablement des rouages. Le cœur de notre enseignement devrait être d’équiper les élèves afin qu’ils soient capables de résoudre des problèmes et de manière indépendante. Et pas de les résoudre comme des experts.

Les élèves ne passent pas assez de temps guidés par le professeur pour se construire un corpus de connaissances qui permette de réussir. C’est pour cette raison qu’ils arrivent à l’université en étant incapables de penser en autonomie. La vérité contre-intuitive est qu’ils sont incapable de penser de manière autonome parce qu’on leur a toujours enseigné comme s’ils étaient déjà autonomes.

En résumé, l faut prendre du temps pour l’apprentissage des fondamentaux et ne pas espérer que les élèves deviennent des experts en leur enseignant comme s’ils l’étaient déjà.

Septième mythe: enseigner des connaissances est de l’endoctrinement

endoctrinement

Le choix des connaissances à enseigner pose question: comment sélectionner les savoirs à enseigner? Pour les défenseurs de ce mythe, choisir des connaissances c’est influencer en fonction de la doctrine que l’on souhaite faire passer. C’est un problème qu’il ne faut pas éluder et il est difficile de lui trouver une solution correcte. Même la proposition qui consiste à sélectionner les connaissances en fonction de leur fréquence d’emploi dans la littérature est insatisfaisante. En effet, cela revient à laisser choisir les auteurs et les médias les connaissances à diffuser…

A ceux qui prétendent qu’il est très conservateur de vouloir diffuser des connaissances sélectionnées qui seraient adaptées à la classe moyenne, l’auteur répond que ce sont les conservateurs du XIXème siècle qui ne souhaitaient pas transmettre de connaissances aux classes les plus pauvres de peur qu’elles n’occupent ensuite de meilleurs postes.

Il n’y a donc pas débat sur le statut des connaissances: elles n’aliènent pas; elles libèrent! Si la sélection reste délicate, elle est donc un mal nécessaire.

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