LA METAMORPHOSE DE L’ECOLE QUAND LES ELEVES FONT LA CLASSE de Vincent Faillet

Classé dans : Résumés | 0
  •  
  •  
  •  
  •  

Il s’agit d’un livre comprenant deux parties principales:

  • une première partie qui narre l’historique de la domination de la méthode simultanée d’enseignement
  • une seconde partie qui raconte la prise de conscience de l’auteur de sa façon de faire classe et son vécu de la mise en place de la méthode d’enseignement mutuel dans sa classe

Vers une méthode éducative unique

La méthode d’enseignement dite simultanée vient d’abord s’opposer à la méthode d’enseignement individuel qui régnait jusqu’au XIXème siècle. A partir du XVIIème siècle et la fondation de l’institut des frères des écoles chrétiennes par Jean Baptiste de La Salle, une  révolution va s’opérer. En effet, Jean-Baptiste de La Salle prône un enseignement simultané, c’est-à-dire un enseignement que l’on peut dispenser à un grand nombre d’élèves à la fois.

Début XIXème, la méthode simultanée prend son essor est se trouve en concurrence avec une autre méthode: la méthode mutuelle. Il s’agit de structurer l’enseignement autour des élèves les plus avancés afin qu’ils partagent leurs savoirs avec les autres élèves. Dans ce concept, la classe n’est pas mono-âge ni mono-niveau.

methode unique

Comme le souligne l’auteur, les différentes méthodes éducatives sont apparues avant (et après) dans d’autres cultures. Personne n’invente l’eau chaude mais on la redécouvre en permanence.

Il est également intéressant de souligner que l’auteur pense qu’il n’aurait pas était adepte de la méthode mutuelle s’il avait enseigné au XIXème siècle. Cela traduit sa prise en considération des avantages de chacune des méthodes dans leur mise en œuvre au sein d’un monde bien réel et avec les difficultés actuelles.

Quoi qu’il en soit, l’enseignement mutuel est abandonné en France en 1853: on regroupe les élèves en classe d’âges homogènes.

Le monolithe éducatif est en place, la forme scolaire est adoptée, la salle de classe es figée et les élèves astreints au silence et à l’immobilité afin de recevoir au mieux – et simultanément- la “vivifiante” parole magistrale

Les composantes de la méthode mutuelle

La méthode mutuelle repose sur trois composantes:

  1. Les élèves sont actifs en permanence: soit ils apprennent, soit ils corrigent un camarade, soit ils enseignent. Une activité entre pairs en d’autres mots.
  2. Les élèves sont physiquement impliqués: comme l’immobilité induit l’absence, il faut que les élèves puissent se déplacer et s’impliquer physiquement dans leurs apprentissages.
  3. Une pédagogie du jeu doit laisser la place au plaisir dans l’apprentissage

Les méthodes actives sont fondées comme la méthode mutuelle sur une double dimension: on forme en apprenant et on apprend en formant. Cette double dimension sou-entend que les élèves coopèrent.

activite

D’autres méthodes

L’auteur évoque également d’autres courants pédagogiques:

  • la théorie des situations didactiques par Guy Brousseau
  • le lernen durch lehren de Jean-Pol Martin
  • la peer instruction d’Eric Mazur
  • l’expérience du trou dans le mur de Sugata Mitra
  • la classe inversée

Le récit d’une innovation

Innovation VS expérimentation

L’innovation est liée à l’individu alors que l’expérimentation est liée à l’institution.

L’innovation vient de la base enseignante et de sa liberté pédagogique et l’on comprend qu’elle puisse susciter l’inquiétude de l’institution.

[…]

L’expérimentation, quant à elle, est portée par l’institution, c’est une captation par le système dune innovation première

innovation

La classe mutuelle de l’auteur

L’enseignant auteur de l’ouvrage a changé sa salle de classe en disposant les tables en plusieurs U orientés vers le tableau.

Concernant le mobilier scolaire, il a cherché un mobilier modulable et a trouvé une solution peu coûteuse ( <200€ pour une table et une chaise)  proposée par le programme 3.4.5 de la société L’Intégrale d’Agencement.

Ensuite vient la question des déplacements qu’il a fallu autoriser pour poursuivre dans la logique et de l’utilisation du tableau libre par les élèves. Par la suite, plusieurs tableaux blancs ont été disposés dans la salle pour que les élève puissent travailler à leur guise sur tableau.

Mes leçons étaient finalement un spectacle dont j’étais l’auteur, le metteur en scène et l’acteur principal. […]

Je le sais maintenant, je me complaisais dans ce rôle frontal et directif qui occupait l’essentiel du temps de mes leçons

Les élèves font la classe: ils reçoivent autant qu’ils donnent. La parole de l’enseignant s’est faite de plus en plus rare mais également plus précieuse.

L’auteur décompose sa séance en trois temps:

– un temps de séquence conceptuelle: cours classique avec polycopié où il insiste sur les écueils.

– un temps de séquence mutuelle: lors de ce temps un livrable avec un tableau clair et au moins un exercice résolu est attendu. Les élèves travaillent ensemble à la résolution d’exercices de leur choix.

-un temps de bilan: synthèse des travaux. Photographie des tableaux pour conserver une trace du travail produit.

La question du numérique

numérique

La réussite de la classe mutuelle tient aussi au fait qu’elle ne nécessite pas de technologie.

Il est possible de faire cours sans numérique! Il est possible d’innover sans numérique!

Les leviers de la métamorphose de l’école

Le temps est venu de mettre un terme à cette vieille légende qui nous fait croire depuis trop longtemps déjà que l’école est un lieu d’enfermement où les élèves doivent apprendre en écoutant, assis, immobiles et silencieux, les leçons d’un maître, unique détenteur du savoir.

  • La salle de classe

La question de la gestion corporelle des élèves est centrale pour l’auteur. Il prône le bon sens et n’est pas partisan d’un dogme de l’immobilisme ou de l’activité. Il laisse de la liberté à ses élèves pour que ceux qui souhaitent se déplacer  ou se défouler quelques minutes puissent le faire.

  • La pédagogie

La pédagogie doit viser à donner le plaisir de savoir et l’envie d’apprendre. Il faut prendre en compte les élèves dans leur dimension culturelle actuelle. Aujourd’hui les élèves ont un accès illimité et immédiat à l’information.

Le plaisir d’apprendre n’est pas un plaisir solitaire, il se construit dans le groupe, dans l’échange, la confrontation, la collaboration, la coopération ou le tutorat.

  • Le numérique

Outil incontournable de l’ère moderne, il doit être utilisé et valorisé.

En conclusion

Il s’agit d’un ouvrage très plaisant à lire qui remet en perspective historique une méthode d’enseignant ayant existée et refaisant surface. L’auteur nous présente humblement son témoignage de la mise en place de sa classe mutuelle. C’est plein de bon sens et cela montre que l’on peut, à son niveau, changer les choses et mettre en place de nouvelles façons de faire.

Et vous, avez-vous déjà tenté une expérience similaire? N’hésitez pas à laisser vos témoignages en commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *