Le courage d’enseigner

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Explorer la vie intérieure d’un enseignant de Parker J.Palmer

le courage d'enseigner

Introduction

Le livre se propose de répondre à la question qui enseigne plutôt que quoi ou comment. La motivation de ce thème est tout simplement le constat suivant: nous enseignons qui nous sommes dans la mesure où notre enseignement n’est pas neutre, il nous reflète.

Chapitre 1: Le cœur du professeur, identité et intégrité

Un bon enseignement ne peut être résumé aux techniques utilisées. Un bon enseignement vient de l’identité et l’intégrité du professeur. Les mauvais professeurs se tiennent à distance du sujet qu’ils enseignent et ce faisant, de leurs étudiants. On parle bien ici de distance pas dans le sens recul par rapport aux savoirs mais dans le sens mettre des barrières.

L’expérimentation est risquée. Mais si nous voulons approfondir notre compréhension de notre propre intégrité, nous devons expérimenter.

Un professeur a une façon bien personnelle d’enseigner et il est également une personne publique. C’est un des rares métiers où le personnel et le personnel sont nécessaires.

identite et integrite

L’auteur nous conseille de ne pas imiter son mentor au risque de créer une distorsion de son identité et de son intégrité. Comprendre sa propre nature de professeur et apprendre les techniques qui peuvent aider sont essentiels. Les actions du professeur doivent être guidées par l’apprentissage des élèves: il faut faire les choses pour qu’ils apprennent et non pas pour qu’ils aient une bonne opinion de nous.

Il voit l’enseignement comme une danse des générations: les plus âgés donne l’expérience et les plus jeunes la vie.

Chapitre 2: Une culture de la peur

La peur domine dans beaucoup de classe à cause d’un système qui divise. Typiquement, les notes données par les professeurs opposent ces deniers à leurs élèves. Les élèves sont nés avec l’amour d’apprendre et pourtant ils finissent par détester l’école.

Les professeurs ont peur de ne pas savoir gérer et les élèves ont peur de ne pas y arriver.

Les élèves ne sont pas en état de mort cérébrale: ils sont pleins de vie en dehors de nos cours. Nos diagnostics traditionnels ont l’avantage de minimiser notre responsabilité. Ainsi la stagnation est l’état choisi par les professeurs qui se barricadent derrière leur statut, leur références. Ironiquement, ce choix fait miroir au désengagement des étudiants.

peur crainte

L’une des bénédictions d’enseigner est d’être continuellement avec les jeunes. Cela peut sembler d’abord comme une malédiction, mais nous survivrons à cette malédiction si nous comprenons que nous sommes autant effrayés par nos élèves qu’ils ont peur de nous.

La façon dont nous envisageons les connaissances se révèle dans la façon dont on répond à la question: comment savons nous ce que nous savons?

Si on envisage le savoir comme une autorité, la classe ressemblera à une dictature.
Si on envisage le savoir comme une exploration libre, ce sera l’anarchie.
Si on envisage le savoir comme une quête mutuelle et complexe, la classe sera une communauté interdépendante et pleine de ressource.

Chapitre 3: le paradoxe caché dans l’enseignement et l’apprentissage

On a tendance à penser en noir et blanc et à opposer les choses. Par exemple réflexion versus émotion, enseigner donc parler versus apprendre donc écouter… En réalité, tout est plus nuancé est une vérité profonde peut s’opposer à une autre vérité profonde: c’est ce qu’on appelle un paradoxe.

L’auteur utilise les paradoxes pour définir son environnement pédagogiques:

  1. L’espace doit être ouvert et délimité
  2. L’espace doit être hospitalier et défié l’élève
  3. L’espace doit invité à la parole de l’individu et du groupe
  4. L’espace doit honorer à la fois la “petite” histoire de l’étudiant et la “grande” histoire de la discipline
  5. L’espace doit favoriser la solitude et l’entouré des ressources de la communauté
  6. L’espace doit accueillir le silence tout comme le discours

Le paradoxe le plus criant en éducation et celui de la liberté et de la discipline: nous voulons que nos élèves pensent librement et de façon autonomes mais nous savons que cela suppose de restreindre leur liberté dans certaines situations.  Quand nous essayons de surmonter un paradoxe, nous sommes en souffrance et il nous faut embrasser cette souffrance pour que notre cœur grandisse.

paradoxe

L’idée est de vivre ses tensions et chemin faisant nous trouverons des solutions. Ces solutions ne sont pas immédiates, et il ne s’agit pas de les cacher à l’extérieur pour qu’elles nous rongent de l’intérieur mais plutôt de les accepter.

Chapitre 4: Apprendre en communauté

Nous ne sommes pas une entité isolée mais bien une partie de la communauté. IL y a une évolution dans les modèles dans diverses branches: la vie n’est pas la simple survie du plus fort comme dans la conception darwinienne mais une coévolution en communauté en biologie; les interactions des entités élémentaires ne sont plus considérés une par une comme en mécanique newtonienne en physique mais bien en interaction les unes avec les autres.

Le modèle dominant de vérité a 4 composantes descendantes:

  1. Des objets du savoirs décrits par des faits
  2. Des experts entraînés à connaître ces objets
  3. Des amateurs dépendants d’experts pour les guider vers la connaissance pure
  4. Des porte coupe-feu à chaque point de transmission qui permettent au savoir objectif de circuler mais pas à la subjectivité

Le modèle de la vérité communautaire est organisé multilatéralement avec un sujet d’étude au centre et des apprenants qui échangent entre eux et avec le sujet d’étude.

communaute

La communauté à la recherche de la vérité avance par le conflit et pas la compétition.

La vérité n’est pas gravée dans le marbre et l’auteur envisage la vérité comme le processus passionné et discipliné de recherche et de dialogue, comme la conversation dynamique qui teste continuellement les connaissances et en trouve de nouvelles. Nous avons besoin de connaître les connaissances actuelles pour entrer dans la conversation.

Enfin, l’auteur déplore le non respect croissant pour la beauté des choses et ses conséquences sur l’enseignement, l’apprentissage en particulier le fait que l’éducation devienne banale. La surprise, l’émerveillement devrait être nos compagnons d’apprentissage.

Chapitre 5: Enseigner en communauté

Les bons professeurs engagent leurs étudiants dans une communauté. La classe n’est pas orienté vers le professeur, ni vers les étudiants mais vers le sujet lui-même.

Le professeur a le pouvoir de donner des notes mais les étudiants ont aussi un pouvoir envers le professeur (celui de poser des questions par exemple). Si tel n’est pas le cas, il ne peut y avoir de communauté.

Le fait d’être une communauté ne veut pas dire tous au même niveau. Aucune société égalitariste n’existe. Nous devons réfléchir au pouvoir de la note pour l’orienter vers ce que nous voulons obtenir et non prendre la note comme excuse pour justifier que la communauté n’est pas possible. Il est par exemple possible d’utiliser la note pour favoriser le travail de groupe, la bonne tenue d’un classeur…

Chapitre 6: Apprendre en communauté

Le métier d’enseignant est très privé dans le sens où les pairs ne nous voient que très (trop) rarement pratiquer. Bien que nous soyons en face d’élèves, notre enseignement est la plupart du temps solitaire. Par ailleurs, cette solitude se réfugie derrière la liberté pédagogique pour justifier sa normalité. Cependant l’amélioration d’une pratique passe par un partage et un dialogue honnête entre ses pratiquants.

Notre tendance à nous focaliser sur les questions techniques est une des raisons pour laquelle nous manquons de conversation collégiale. En plus de parler de méthode, nous pouvons de mentor, de la condition humaine du professeur, de nos hauts et nos bas en classe, des différentes façons de savoir et d’enseigner. Nous devrions parler ouvertement de nos batailles et de nos succès en tant que professeur.

partage ouvert

Lors de partage entre pairs, nous avons parfois tendance à donner un conseil pour résoudre le problème évoqué par une personne. Mais nous devons garder présent à l’esprit une chose toute simple: l’âme humaine ne veut pas être réparée, elle veut simplement être vue et entendue.

Chapitre 7: Ne plus être divisé. Enseigner avec espoir.

Aussi enrichissants que puissent être les échanges entre enseignants  et les espoirs portés, c’est bien souvent le pessimisme face à l’institution ou une direction locale qui l’emporte.  Mais les organisations/institutions et les mouvements plus locaux ont chacun leur rôle à jouer. Les premières ont un rôle d’ordre et de conservation tandis que les seconds doivent entraîner le changement.

enseigner avec espoir

Il arrive qu’un visionnaire essaie de convaincre les autorités d’un besoin de changement et qu’il rencontre de la résistance. Cette résistance même est le signe qu’il y a un besoin de nouveauté. Elle doit nous encourager à imaginer des alternatives.

Les mouvements qui donnent naissance au changement suivent 4 étapes:

  1. des individus isolés s’écartent des institutions pour vivre leur propre décisions
  2. ces individus se trouvent et forment une communauté
  3. ces communautés commencent à être visible du grand public ( et sont vivement critiquées)
  4. un système qui soutient le mouvement émerge et pèse auprès des institutions

L’auteur prend l’exemple de Rosa Parks pour la transposer aux enseignants: “Ils aiment trop l’enseignement pour le laisser sombrer dans sa forme la plus basse. Ils décident de vivre en harmonie avec leurs convictions. Ils se  rappellent la passion qui les à amené à être enseignant. Ils affirment leur attachement au vécu des étudiants, ils ne veulent pas être déconnectés des jeunes. Il veulent s’investir même si l’institution ne les paie pas en retour.”

Le courage de l’intégrité vient de ce simple constat: aucune sanction infligée par quelqu’un ne pourrait être pire que celle que l’on s’inflige en conspirant pour nous diminuer nous-même.

En conclusion

Ce livre nous exhorte à prendre nos responsabilités: vivre en accord avec nous-même et oser au risque de se faire critiquer ( par ses pairs, par la communauté, pas ses élèves…)

Pour ne pas sombrer en chemin, il nous invite à nous rapprocher d’une communauté qui aspire aux même buts voire à la créer si nécessaire.

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