MAKE IT STICK

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make it stick

L’apprentissage est mal compris

La méthode classique qui consiste à relire pour apprendre est inefficace

La façon d’apprendre la plus répandue est de lire et relire ses cours, et faire massivement des exercices. Comme il s’agit de la méthode la plus répandue, le commun des mortels pense qu’il s’agit de la bonne méthode.

relire

Or ce n’est pas une manière efficace pour mémoriser les choses.
Premièrement relire prend beaucoup de temps et ne provoque pas d’effet durable en mémoire. Et deuxièmement, relire est trompeur car il incite le lecteur à penser qu’il maîtrise le sujet en lui procurant en fait uniquement de la familiarité avec le texte.

Actuellement, l’enseignement et l’apprentissage sont basés sur trois choses:

  • la théorie
  • la tradition
  • l’intuition

Remarquons que ces trois choses manquent de fondement scientifique.

Les statuts des difficultés, des erreurs, du savoir

L’apprentissage doit être difficile pour être efficace. En effet si l’apprentissage est facile alors ce n’est pas nouveau, on est dans un travail de complaisance.

Faire des erreurs et les corriger permet de construire un savoir complexe. Il n’y a quasiment pas d’apprentissage sans erreur. Il faut réhabiliter le statut de l’erreur comme partie intégrante de l’apprentissage.

erreur

Le savoir n’est pas suffisant mais il est nécessaire. Qui irait se faire soigner chez un médecin qui ne sait rien? Par ailleurs, il n’y a pas de création sans connaissances. La maîtrise nécessite la possession de connaissances à disposition et leur compréhension – c’est-à-dire savoir comment les utiliser.

Nous sommes le seul maître de notre apprentissage

Chaque apprentissage est de notre ressort. A chaque fois que l’on apprend, on modifie notre cerveau. Les connexions se forment ou se renforcent. Bien évidemment, les choses nous sont plus ou moins bien présentées, le travail est plus ou moins facilité.

Néanmoins il en va de la responsabilité de chacun de se questionner pour apprendre. Se tester aide à ne pas oublier ce qui a été appris et permet de valider l’état de nos connaissances.

 

Apprendre, c’est retrouver

Apprendre quelque chose c’est être capable de le retrouver dans notre mémoire. Pour cela, la réflexivité est une méthode intéressante. La réflexivité peut impliquer différentes activités cognitives: retrouver des connaissances enfouies en mémoire, les connecter à de nouvelles expériences, visualiser et répéter mentalement ce que l’on ferait différemment la prochaine fois.

Retarder quelque peu le retour sur un travail améliore l’apprentissage car il laisse le temps à l’apprenant de faire des efforts pour se corriger lui-même, de trouver une éventuelle incohérence. A l’inverse, un retour très tardif n’est pas efficace non plus.

Pour nous aider à retrouver plus facilement les informations dans notre mémoire, certains exercices sont indiqués:

  • écrire un essai sur un sujet
  • utiliser des flash cards (plus efficaces que les QCM car à choix ouvert)
  • lire ce que l’on a fait et se demander comment on aurait pu faire mieux

s'interroger

Apprendre n’est pas mieux quand c’est plus facile: quand l’esprit doit travailler, l’apprentissage est plus pérenne.

Mélanger vos pratiques

Il y a un mythe de l’entraînement massif où l’on travaillerait de façon acharnée pour “faire rentrer de force” un sujet en mémoire. Une pratique espacée s’avère plus efficace.

D’après des études, on obtient de meilleurs résultats à long terme si l’on mixe les sujets. En effet le mélange permet d’entraîner l’élève à un processus critique de tri. Cela le met dans des conditions où il doit réfléchir pour retrouver les bonnes connaissances plutôt que d’utiliser un chemin balisé relativement fictif.

mélanger les pratiques

La variation des sujets développe chez l’élève une meilleure capacité d’adaptation.

Embrasser les difficultés

L’apprentissage se déroule en plusieurs étapes:

  1. L’encodage: cette étape d’inscription dans le cerveau est éphémère
  2. La consolidation: dans les heures qui suivent l’encodage, le cerveau répète ce qu’il vient d’apprendre et créé des liens avec l’existant.
  3. Retrouver l’information

C’est ainsi que plus on a de connaissances, plus on est capables de créer du lien et plus il est facile d’apprendre.

Les difficultés qui nécessitent plus d’effort et ralentissent l’apprentissage (comme l’espacement entre deux exécutions du même type d’exercice, l’entrelacement des sujets, et le mélange des sujets) seront ressenties comme moins productives mais feront davantage que compenser en rendant l’apprentissage plus fort, plus précis et endurant.

difficultés

Il faut prendre garde à ne pas créer une illusion de maitrise en proposant des choses trop simples.

Pour élargir la maîtrise il faut associer de nouveau matériel à nos modèles mentaux pré-existant.

Entraîne-toi comme tu joues et tu joueras comme tu t’entraînes

Quand on vous demande de résoudre un problème avant de vous montrer comment le résoudre, la solution est mieux apprise et elle reste plus durablement en mémoire.

Il est préférable de résoudre un problème  que de mémoriser une solution

Il est préférable de chercher une solution quitte à ce que l’on nous fournisse une réponse correcte plutôt que de ne pas essayer de la trouver et de se voir enseigner directement la solution.

Toutefois, il faut prendre garde à donner un retour sur les erreurs, es corriger afin qu’elles ne soient pas apprises.

Attention, toutes les difficultés ne sont pas bonnes: l’anxiété, la peur n’apportent rien à l’apprentissage par exemple. Les difficultés insurmontables ou celles qui ‘n’ont pas d’existences réelles sont indésirables.

Echouer est un signe d’effort pas une incapacité

Il vaut mieux essayer de résoudre un puzzle plutôt que l’on nous donne une solution à la petite cuillère. Faire des erreurs n’est pas une mauvaise chose: cela permet au moins de faire des choses.

Eviter l’illusion de savoir

Quand on est incompétent, on se surestime. Le danger nous guette donc tous! Cela s’appelle l’effet Dunning-Kruger, les gens ne savent pas et ne sont pas au courant qu’ils ne savent pas.

En effet, plusieurs biais existent qui nous poussent à croire que l’on sait à tort:

  • l’inflation de l’imagination: on a tendance à croire ce que l’on a imaginé
  • la suggestion: nous sommes influencés par la manière dont une question est posée
  • la répétition: quelque chose répétée suffisamment  devient une vérité ( big lie technique)
  • l’illusion de ce qui est courant: on a tendance à confondre l’habitude d’un texte avec la maîtrise de son contenu.
  • l’influence sociale: notre mémoire s’aligne avec les gens qui nous entourent

Nous devons cultiver la capacité à discerner quand nos modèles mentaux ne fonctionnent pas. Ce n’est pas une chose aisée car les retours négatifs sont assez peu nombreux. De plus, nous préférons blâmer l’outil pour ce que notre main de sait pas faire. Enfin, nous sommes mauvais juges pour déterminer les performances des autres.

illusion du savoir

Pour éviter les désillusions, il convient:

  • d’adopter des stratégies d’apprentissage avec résultats
  • de mesurer les progrès de manière efficace
  • de pratiquer l’instruction par les pairs: on lit chez soi des documents. En classe, on fait un test rapide puis par petits groupes, on trouve une solution par consensus.

Aller au-delà du style d’apprentissage

Que vous pensiez que vous pouvez ou que vous ne pouvez pas, vous avez raison

Un des plus grands impacts sur l’apprentissage est la manière dont on se perçoit nous et nos capacités.

A celui-là viennent s’ajouter la maîtrise du langage et les capacités de lecture.

A un moment, je pense que j’ai décidé qu’être dyslexique était mieux que d’être stupide (R.Branson)

Il est important que le mode d’apprentissage colle avec la nature su sujet enseigné.

L’apprenant doit constamment se poser la question: qu’ai-je besoin d’apprendre pour m’améliorer?  Et pour répondre à cette question:

  1. un test me montre où j’ai des lacunes
  2. j’utilise mes capacités réflexives et je m’entraîne ( qu’est-ce qui n’a pas fonctionné, qu’est-ce que je peux faire différemment? Je liste les compétences nécessaires et je vais les retravailler)
  3. je me teste de nouveau

Certaines personnes apprennent par les règles et d’autres par les exemples. Globalement, les personnes qui apprennent par les règles réussissent mieux à transférer leur apprentissage.
Ainsi les personnes qui apprennent au travers des exemples ne doivent pas hésiter à s’interroger pour confronter plusieurs exemples afin d’intégrer correctement les règles.

Augmenter vos capacités

Des moyens mnémotechniques permettent de développer votre mémoire. Par exemple, le palace de la mémoire consiste à se fabriquer des images mentales dans des lieux parfaitement maîtrisés par l’apprenant pour pouvoir les ressortir dans un certain ordre sans se tromper même s’il est sous pression.

augmenter

Faire des efforts

Quand nous faisons un effort, ce dernier étend lui-même es limites de notre mémoire. La neuroplasticité permet de continuer à construire de nouveaux savoirs.

Multiplier les efforts

Plus on fait de choses, plus on peut faire de choses. Plus on a de références, plus on est capables de faire du lien entre différents sujets. Lorsqu’un certain nombre de notion est intégré, on apprend plus vite.

Gardez-le en mémoire!

Un apprentissage nécessitant des efforts modifie votre cerveau en créant de nouvelles connexions. Il construit des modèles mentaux qui augmentent vos capacités.

Pratiquer la recherche dans notre mémoire en se posant des questions soi-même, espacer nos pratiques et entremêler les sujets sont les trois pratiques à utiliser pour apprendre efficacement.

Elaborer nos savoirs: trouver des exemples, expliquer à quelqu’un d’autre, faire des liens avec d’autres domaines permet d’asseoir nos connaissances.

Générer les savoirs nous-même: essayer de résoudre un problème avant que quelqu’un nous montre la solution provoque une meilleure rétention du savoir.

Réflexivité sur nos pratiques: revoir ce qui a été appris récemment et se demander ce qui s’est bien passé, ce que nous aurions pu faire mieux, ce que nous avons de savoir pour maîtriser le sujet…

Calibrer nos acquis: utiliser des instruments objectifs pour éviter les illusions et ajuster notre jugement. Bref, rendre notre perception de nos connaissances objective.

garder en mémoire

Quelques astuces pour professeurs:

-dans une classe où les exercices comptent pour la note finales ( même avec une faible incidence) les étudiants atteignent un meilleur niveau.

– il est conseillé de faire des examens cumulatifs pour que les sujets soient entremêlés.

et quelques astuces pour les élèves:

-récupérer le cours et s’interroger dessus

-planifier des mails à intervalles réguliers qui contiennent des questions qui nous forcent à nous replonger dans un cours “lointain”

-utiliser des applications telles que qstream

-garder en tête la question “de  quel savoir /compétence ai-je besoin pour réussir? “

Quelques citations

Un savoir faire est un apprentissage qui vous permet d’aller faire.

La maitrise est une quête, pas une note sur un test

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