Pourquoi les élèves n’aiment-ils pas l’école?

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why don't students like school

Notre esprit n’est pas fait pour réfléchir

Nous évitons le plus souvent de réfléchir en faisant appel à notre mémoire  long terme de manière automatique face à des situations similaires déjà vécues. La réflexion est lente, demande des efforts et a une issue incertaine. esprit pas fait pour reflechir

Nous sommes naturellement curieux mais cette curiosité est fragile. Ce n’est pas parce que le sujet nous intéresse a priori qu’un conférence ou un cours sera passionnant.

Pour autant, nous aimons résoudre des problèmes mais il faut que ces derniers ne soient ni trop simples (sous peine de ne pas ressentir de récompense), ni trop difficiles (sous peine d’abandonner).
La résolution de problème nous demande de prendre les informations dans notre environnement, d’avoir de l’espace libre dans notre mémoire de travail et de détenir des faits et des procédures dans notre mémoire à long-terme.

Conseils pratiques:

  • Etre sûr de proposer un challenge modéré aux élèves: pour cela scanner chaque plan de leçon en se demandant quel travail cognitif vont réaliser les élèves, y a t-il des pauses, à quelle fréquence  a lieu ce genre de travail?
  • Respecter les limites cognitives des élèves: ne pas poser des questions trop tôt (s’assurer que les élèves disposent des connaissances nécessaires). La solution a une surcharge cognitive est : ralentir le rythme, utiliser des aides-mémoire en notant des choses au tableau.
  • Clarifier le problème en développant la question.
  • Reconsidérer le moment idéal pour étonner les étudiants: faire une expérience après avoir donné une loi peut être davantage intéressant dans la mesure où les élèves vont être capables de l’expliquer.
  • Accepter la différence de préparation des étudiants en donnant un travail adapté à chacun
  • Garder des notes de vos cours dans un journal : tout ce qui se passe bien ou mal pour pouvoir réinvestir

Les connaissances précédent les compétences

Même si les tests standardisés semblent consister en une suite de questions de connaissances sans intérêt, il est indispensable de disposer de connaissances pour réfléchir. En effet, on ne réfléchit pas tout court, on réfléchit à quelque chose. Réfléchir consiste à combiner des informations d’une nouvelle manière. Ces informations proviennent soit de notre environnement, soit de notre mémoire à long terme.

Pour ne pas surcharger notre mémoire de travail, nous lions des éléments séparés à quelque chose qui nous est davantage familier. Ce phénomène se nomme chunking. Mais pour le réaliser, il nous faut disposer de connaissances préalables.

Un autre élément facilitant la compréhension est le rappel du contexte. Avant de se mettre à parler d’un sujet, en rappeler le contexte facilite la compréhension.

Les connaissances sont nécessaires pour développer des compétences. Le plus souvent, quand quelqu’un semble réfléchir, il est plutôt en train de chercher dans sa mémoire à long terme une réponse. Par exemple alors que les échecs sont considérés comme le jeu de réflexion par excellence, on s’aperçoit que les joueurs les meilleurs sont également les meilleurs quand le jeu se joue en mode éclair (mode dans lequel la partie est limitée en temps pour chaque joueur). Ceci s’explique par le fait que les joueurs ne réfléchissent pas réellement mais retrouvent dans leur mémoire une situation qu’ils connaissent pour savoir comment y réagir.

connaissances avant competences

Les connaissances améliorent la mémorisation. En effet, plus on connaît de chose, plus on a de facilités à lier de nouvelles connaissances aux anciennes et donc à les retenir. Les endroits les plus utiles pour gagner en connaissances sont les livres, les journaux et les magazines.

Conseils pratiques:

  • Soyez sûr que les connaissances minimales sur le sujet sont présentes avant de demander d’exercer un esprit critique.
  • Des connaissances superficielles sont mieux que pas de connaissances du tout
  • Inciter les enfants à lire
  • La connaissance peut s’acquérir de manière accidentelle: nous ne sommes pas obligés d‘être concentrés pour apprendre de nouvelles choses; cela peut se faire par plaisir lors du visionnage d’un reportage par exemple. Une exposition aux connaissances est déjà un bon début.
  • Commencer le plus tôt possible en adaptant le niveau des connaissances au niveau de l’élève.

Notre mémoire est le résidu de nos pensées

Nous savons tous que les élèves n’apprennent pas s’ils ne prêtent pas attention. Mais la question est que faut-il de plus pour qu’ils retiennent? Les émotions, les répétitions ne suffisent pas; il faut également que l’élève donne du sens à ce qu’il est en train d’apprendre.

Le problème est donc le suivant: comment s’assurer que les élèves pensent au sens?

Ce que les bons professeurs ont en commun c’est une personnalité attachante/abordable et un sens de l’organisation. Les deux aspects sont décisifs.

donner du sens pour mémoriser

Utiliser le pouvoir d’une histoire en structurant votre leçon comme un récit incluant les ingrédients suivants (règle des 4 C):

  • causalité
  • conflit: il faut un obstacle dans la quête du héros
  • complications: des intrigues
  • caractère: les personnages en jeu ont du caractère

On essaie de donner du sens aux apprentissages pour en faciliter la mémorisation mais il ne faut pas chercher à tout prix à vouloir donner du sens coûte que coûte. Faire systématiquement des ponts entre la vie des élèves et les apprentissages masque le fait que l’apprentissage est beau en lui-même, il a de la valeur et de l’intérêt. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas de signification directe qu’il ne faut pas l’enseigner.

Conseils pour la classe:

  • Revoir chaque plan de leçon en se demandant “à quoi est-il probable que les élèves pensent?”
  • Penser attentivement aux manipulations pour attirer l’attention: le début du cours n’est pas toujours judicieux et il ne faut pas que cela devienne une distraction.
  • N’ayez pas peur d’utiliser des moyens mnémotechniques
  • Essayer d’organiser la leçon autour d’un conflit/ d’une problématique

Pourquoi est-il difficile de comprendre les idées abstraites?

L’abstraction est le but de l’éducation. Le professeur souhaite que les élèves soient en capacité de saisir les concepts afin de les transférer à d’autres situations que la situation initiale d’apprentissage.
Le défi réside en ce que notre esprit n’aime pas l’abstraction dans le sens où il s’attache volontiers au concret.

abstraction
En effet nous comprenons les choses nouvelles en fonction de ce que l’on sait déjà et la plupart de ce que l’on sait est concret.
Pour faire passer un concept, il est donc utile de donner des exemples pour favoriser la compréhension.

Conseils pour la classe:


  • Donner des exemples et les comparer

  • Préciser la compréhension qu’on attend des élèves et agir en conséquence: poser des questions de ce niveau et prêter attention à la manière dont sont formulés les devoirs

  • Soyez réalistes sur les attentes: une compréhension fine se gagne durement et est le résultat de beaucoup de pratique

Est-ce que ça vaut le coup de s’entraîner?

Il est pratiquement impossible de devenir efficace dans une tache mentale sans s’exercer.La pratique a pour but de gagner en compétence et de s’améliorer. Outre cette évidence, la pratique a pour but de permettre des apprentissages futurs en automatisant certaines taches. C’est par exemple le cas de la lecture: un bon lecteur a automatisé le déchiffrement des mots et peut donc se concentrer sur le sens.

De plus, l’entraînement permet de mémoriser les choses plus longtemps. Quelque soit notre niveau, nous sommes sujets à l’oubli. Alors évidemment, avec un niveau de base plus important on garde un meilleur niveau qu’avec un niveau de base moindre mais on oublie au même rythme. Par contre, si on s’entraîne de manière étendue, il arrive un moment où l’on n’oublie plus.

entrainement

L’entraînement améliore le transfert. Pour transférer des connaissances d’un problème à l’autre, la structure de surface du problème est importante mais vous augmentez vos chances d’y parvenir si vous avez travaillé cette structure à de multiples reprises.

Conseils pour la classe:

  • Choisir de s’exercer sur des compétences importantes pour construire d’autres savoir
  • Espacer les entraînements (pour une meilleure rétention en mémoire et moins d’ennui)
  • Varier les types d’entraînement

Peut-on apprendre aux élèves à penser comme un scientifique, un historien?

La faculté d’apprendre au début est fondamentalement différente de la faculté d’apprendre plus tard avec davantage d’entraînement. Les activités que les élèves peuvent faire sont très loin de la pratique qu’ont de vrais scientifiques. Les vrais scientifiques sont des experts qui en connaissent long sur leur champ d’expertise. Ils raisonnent en terme de structure profonde et non à partir de la surface apparente des choses. Ils peuvent transférer leur connaissances à d’autres champs et généraliser.
Comme on ne peut pas devenir un expert sans des heures et des heures de pratiques, on ne peut tout simplement pas attendre d’un élève qu’il agisse comme un expert.

Conseils pour la classe:

  • Les élèves sont prêts à comprendre mais pas à créer des connaissances
  • Ne vous attendez pas à ce que des novices apprennent en faisant ce que des experts font

Comment dois-je ajuster mon enseignement pour différents types d’apprenants?

Les études scientifiques ne valident pas le fait qu’il y ait des auditifs, des visuels ou des kinesthésiques. De même, la classification des intelligences multiples n’est pas validée. differents types d eleves

Les enfants sont plus semblables que différents dans la manière dont ils apprennent.

 

Conseils pour la classe:

  • S’il est bon de différencier les apprentissages, il faut raisonner en terme de contenus et non en terme d’élèves.
  • Les changements de modalités permettent de renouveler l’attention
  • Il y a de la valeur en tout élève même s’il n’est pas “intelligent”

Comment aider les élèves lents?

Les enfants n’ont pas tous la même intelligence. Mais l’intelligence peut être changée grâce à un travail soutenu.

L’intelligence est-elle héréditaire ou acquise? Les deux jouent un rôle mais la proportion varie en fonction de l’âge. D’après des études sur des jumeaux, chez les jeunes enfants, il y a environ 20% de génétique, ça monte à 40% chez un enfant, et jusqu’à 60% chez l’adulte. C’est contre-intuitif!

D’autre part ce qu’on appelle l’effet Flynn montre une augmentation générale du niveau du QI dans une douzaine de pays en trente ans. Cela va à l’encontre d’une intelligence qui serait héréditaire. Nous savons maintenant que l’intelligence est malléable et il est capital d’en être convaincu pour être motivé à progresser.

intelligence malleable

Implications pour la classe:

  • Féliciter les efforts; pas les capacités
  • Dire que le travail paie
  • Prendre l’échec comme une partie normale du processus d’apprentissage
  • Ne croyez pas que les compétences antérieures sont acquises
  • Combler son retard est un processus long
  • Montrer aux élèves que vous avez confiance en eux

Quid de l’état d’esprit du professeur?

Enseigner, comme toute tache cognitive complexe, doit être pratiquée pour être améliorée.

Il est évident que les connaissances sur la matière sont nécessaires pour enseigner. Mais enseigner fait appel à beaucoup de procédures stockées dans la mémoire à long-terme. Il est donc essentiel de pratiquer pour s’améliorer.

L’auteur suggère la méthode suivante pour obtenir un retour sur notre manière d’enseigner et l’améliorer:

  1. Identifier un collègue avec qui travailler
  2. Se filmer et regarder la vidéo seul
  3. Avec votre collègue partenaire, regarder des enregistrements d’autres professeurs
  4. Avec le collègue , regarder et commenter vos propres vidéos.
  5. Choisir un axe d’amélioration et l’expérimenter

Autres idées:

  • Tenir un journal d’enseignement
  • Former un groupe de discussion entre professeurs pour échanger sur des problèmes
  • Observer les élèves dans leur milieu naturel hors de l’école

Conclusion sur le livre

C’est un livre extrêmement intéressant avec beaucoup d’idées concrètes pour mettre en œuvre des changements dans sa manière d’enseigner. Pour ma part, j’ai commencé à tenir un journal des cours comme conseillé à deux reprises dans le livre.

Il étaye ses thèses avec des exemples concrets et s’appuie sur des études scientifiques.

Tout comme dans 7 myths about education, se livre met en avant le rôle fondamental des connaissances chez l’élève.